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Lollilolette : "Ce qui guide mes collaborations rémunérées : garder une vraie liberté dans la création"

  • Photo du rédacteur: margotliterarymedi
    margotliterarymedi
  • 11 nov. 2024
  • 7 min de lecture

Sur Instagram, on retrouve Lolita sous le pseudo @Lollilolette. Avec près de 35 000 abonnés, elle se revendique comme lisant plein de livres pour que vous n'ayez pas à lire les mauvais ! Dans cet entretien, elle nous parle de sa vision de Bookstagram, de sa relation avec les maisons d'édition ou encore de ses conseils pour s'épanouir sur les réseaux sociaux.



Vivre de la création de contenus : est-ce un objectif pour toi ?

Pas du tout ! J’ai un job à plein temps dans le marketing B2B, qui est bien différent de ce que je fais sur les réseaux, même si, au fond, les deux sont complémentaires et s’inspirent l’un l’autre. Je n’ai jamais envisagé de vivre des réseaux, et encore moins à temps plein, notamment car c’est trop instable : l’algorithme fluctue en permanence, les budgets des maisons d’édition vont et viennent, et la concurrence est rude. Sans parler du reach qui a dégringolé sur Instagram. En comparaison, TikTok est plus attractif aujourd’hui : on peut compter à la fois sur les collabs et sur la rémunération à la vue, même si ça reste fragile avec l’algorithme. En bref, je trouve ça trop risqué pour moi, donc je préfère que les réseaux restent une safe place créative.


D'où vient ton inspiration, et comment organises-tu ta communication ?

Côté création, je suis sur Instagram comme dans la vie : colorée ! Je suis un peu une Pinterest girl, et je m’inspire de tout ce qui m’entoure. Au début, quand je me suis lancée, ce style était inexistant sur Bookstagram. C’était plutôt l’esthétique “couverture blanche Gallimard, thé fumant et plaid" – très jolie, mais pas pour moi. Aujourd’hui, les choses ont évolué, je vois plus de couleur partout, parfois des posts qui reprennent l’exacte même DA que moi, mais ce n’est pas très grave, ça reste ma “signature”. On me dit souvent qu’on me reconnaît instantanément dans un feed, et ça, c’est hyper chouette. Côté contenu, j’essaie d’être régulière en postant au moins une fois par semaine, parfois deux, mais je ne chronique pas tout ce que je lis, parce que je dévore pas mal de romans ! J’aime varier les formats : les livres sur lesquels j’ai beaucoup de choses à dire, que ce soit en positif ou en négatif, je les garde pour les posts. Les autres, je les réserve aux stories, où je partage un petit récap’ à chaud. Ça permet à mon audience de savoir ce que j’en ai pensé et d’avoir un aperçu du livre, même si ce n’est pas un contenu hyper détaillé. En plus, ça permet de tenir les éditeurs au courant, surtout s’il s’agit d’un service presse. Mon mot d’ordre : rester hyper flexible. Je ne me force pas à publier et je m’écoute beaucoup. Il y a des personnes où la vie prend le dessus – le boulot, la famille, les voyages - et si je ne poste pas, ce n’est pas grave.


Parles-nous de ta relation avec les maisons d'édition.

Ça fait huit ans maintenant que je suis blogueuse, donc j'ai développé des liens avec certaines d'entre elles. Je reçois des services presse régulièrement, mais je suis assez sélective. Ma règle d’or ? N’accepter que les romans que j’aurais achetés moi-même en librairie. C’est une chance de pouvoir recevoir des livres gratuitement, mais j'essaie de rester raisonnable, aussi bien pour moi que pour mon audience. Je trouve que les unboxing quotidiens, à force, ça flirte un peu avec l’indécence. Avec certaines maisons comme Flammarion, Verso, ou l'Iconoclaste, j’ai développé des relations vraiment amicales, basées sur la confiance et l’échange, c’est vraiment agréable et dans une liberté totale. C’est d’ailleurs ce qui guide mes collaborations rémunérées : garder une vraie liberté dans la création. Je veux pouvoir choisir mon ton, mes idées, et proposer un contenu qui me ressemble. Parfois, le roman ne me plaît pas, ou je trouve le brief trop restrictif ; dans ces cas-là, je n’hésite pas à décliner ou à interrompre la collaboration. On pourrait croire que les collabs rapportent beaucoup, mais c’est un processus long et exigeant : entre la préparation, le tournage, le montage, sans oublier les outils, il faut compter une trentaine d’heures pour une vidéo, et le temps passé est loin d’être aussi rémunérateur qu’on pourrait le penser.


Le monde du livre est snob et ça dégouline sur les réseaux sociaux, certains se sentent quasiment investis d’une mission. Pourtant, chacun aime les livres qu’il aime.

Il t'arrive aussi de faire des collaborations sur des livres que tu n'as pas aimé ?

Oui ça arrive, parfois le livre me déçoit en cours de route. Dans ce cas, soit on arrête la collab, soit on va au bout dans le respect de chacun. Ça ne veut pas dire que je mens, mais je passe en mode “page de pub” : je présente le livre objectivement sans donner mon avis. De quoi ça parle, quel style, pour quel public… Mais jamais je ne dirai ”j’adore” d’un roman que je n’aime pas !


Sur ta bio Instagram, tu annonces directement : "oui, je fais des fautes Cécile." Pourquoi ?

Ah, Cécile… Elle m’a dit en DM : “C’est quand même dommage de parler de livres et de faire une faute, ça ne donne pas envie de lire vos chroniques.” Ce qui m’a piquée, c’est le sous-texte snob, très propre au monde littéraire français, qui laisse entendre que si on fait une faute, on n’est pas crédible pour parler de livres. On est en 2024, les coquilles, ça arrive : on poste à la volée, entre deux rendez-vous, tard le soir… Et aujourd’hui, avec les réseaux, tout va si vite qu’on a, je l'espère, appris à passer outre les petites erreurs d’inattention. Alors oui, je laisse cette phrase dans ma bio en clin d’œil à toutes les Cécile qui se feraient la réflexion (mais j’ai quand même corrigé la faute initiale ! )


Ta relation avec la communauté Bookstagram ?

Globalement, je dirais qu’il y a plein de positif, mais la réalité est très nuancée. Tout n’est pas noir ou blanc, il y a beaucoup de gris. Par exemple, tout le monde a une idée sur ce qu’il faut lire, comment il faut lire mais il n’y a pas une solution de lecture magique unique. Certains oublient que leur avis n’est pas une vérité mais simplement une opinion. Sur Bookstagram, il y a beaucoup de gens qui se pensent Telerama alors qu’ils sont au niveau de TPMP. Le monde du livre est snob et ça dégouline sur les réseaux sociaux, certains se sentent quasiment investis d’une mission. Pourtant, chacun aime les livres qu’il aime. Il ne faut pas cracher sur la littérature populaire. Par exemple, Marc Lévy fédère des millions de lecteurs. Julien Gracq quant à lui a écrit le Rivage des Syrtes couronné d’un Goncourt et pourtant je ne suis pas sûre qu’il fédère autant.


Il y a environ un an, j’ai beaucoup douté, je ne me retrouvais plus du tout sur Bookstagram, je ne voyais que la partie négative des réseaux sociaux.

Cet état d'esprit t'a d'ailleurs poussé à te remettre en question sur ton activité de créatrice de contenus.

C’est vrai. Il y a environ un an, j’ai beaucoup douté, je ne me retrouvais plus du tout sur Bookstagram, je ne voyais que la partie négative des réseaux sociaux. Les posts, les réels étaient toujours les mêmes, je n’étais plus inspirée créativement ou littérairement. J’ai eu un gros passage à vide entre septembre 2023 et février 2024. Je lisais peu, rien ne me plaisait et lorsque je me mettais à travailler une chronique, je me disais “à quoi bon ?”. J’ai failli supprimer mon compte en janvier. L’ironie de l’histoire, c’est que c’est grâce à une collaboration avec les éditions Le cherche midi que j’ai repris goût à la création de contenu. Benoît, leur attaché de presse, m’a fait parvenir un livre : La prochaine fois, peut-être … de Cesca Major. Je partais au bureau quand je l’ai reçu, j’ai lu la première page et j’ai eu instantanément envie de le dévorer. J’ai adoré imaginer du contenu autour, on a fait un quizz en story, un “si vous étiez à la place du protagoniste, vous feriez …”. Ça m'a donné envie de lire et de créer à nouveau.


Avec ce recul, quels sont tes conseils pour s'épanouir sur les réseaux ?

Après 8 ans passés sur Instagram, je peux dire que le plus dur, c’est de s’adapter en permanence à l’application qui évolue, aux comportements des consommateurs littéraires, à l’algorithme, aux maisons d’édition. Mon meilleur tips c’est donc forcément : se détacher de tout ça, poster pour soi, même si ça fait 3 likes. C’est quand même super si 3 personnes vous arrêtent dans la rue pour vous dire “j’adore ce que tu fais” ! Que les blogueurs s’écoutent et s’éclatent, qu’ils apprennent à dire non, qu’ils n’aient pas peur de perdre des partenariats ou des abonnés. Les services presse ne sont pas des contrats, vous ne signez rien avec votre sang.



Les outils créa indispensables de Lolita

  1. Photoroom : mon outil numéro 1 pour détourer les photos rapidement, changer le fond et ajouter de la couleur. Avec la version payante, c’est un investissement indispensable qui me fait gagner un temps fou par rapport au détourage manuel sur Photoshop ou iPad.

  2. Canva : parfait pour des stories avec des doodles et des textes arrondis. Cependant, la plupart de mes stories spontanées sont faites directement sur Insta.

  3. Final Cut Pro : mon allié pour le montage vidéo, simple et puissant. Idéal pour des montages plus aboutis.

  4. InShot : je l’utilise pour ajouter des effets funs et quelques touches de créativité que je ne maîtrise pas encore sur Final Cut.

  5. Unfold et autres applis de stories : pratiques pour des stories spécifiques, mais je reste sélective, car les fonctionnalités intéressantes sont souvent réparties entre plusieurs abonnements payants pas hyper rentables.


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