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Mademoiselle Lit, l'univers littéraire aux 113 000 voix

  • Photo du rédacteur: margotliterarymedi
    margotliterarymedi
  • 7 oct. 2024
  • 5 min de lecture

Mademoiselle Lit, c’est un blog, une chaîne Youtube, une présence sur Instagram, TikTok et Facebook, et près de 113 000 abonnés cumulés. Aux manettes, Maïté Defives, qui a réussi à créer, porter et fidéliser cette communauté autour d’une valeur forte : le partage de ses aventures livresques. Un succès qui lui permet aujourd’hui de vivre de l'influence littéraire.




Un livre peut changer une vie. C’est en tout cas la conviction de Maïté Defives, alias @mademoisellelit sur Instagram, qui, d’un poste dans le secteur de la banque et des assurances, est devenue créatrice de contenus littéraires à plein temps. Tout commence l’année de ses 23 ans, lorsqu’elle découvre Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran d’Éric-Emmanuel Schmitt. “C’est un livre très court mais je me suis énormément attachée au duo de personnages et aux émotions qu’il m’a transmises”, indique la jeune femme. Le coup de cœur est immédiat et, six mois plus tard, Maïté Defives a dévoré l’intégralité de la bibliographie de l’auteur. Quel est le rapport avec les réseaux sociaux, me direz-vous ? “A l’époque, je vivais en Espagne, j’arrivais dans une nouvelle entreprise où je n’avais personne avec qui parler lecture. Surtout, j’avais du mal à trouver des recommandations littéraires”, développe-t-elle. Sur Instagram, la jeune femme découvre une communauté littéraire riche et l’envie d’échanger prend le dessus sur tout le reste. En 2017, le compte Instagram @mademoisellelit et le blog éponyme sont créés. Au programme : de la littérature contemporaine non genrée, des romans réalistes français et étrangers que Maïté Defives chronique sur les différentes plateformes.


Professionnaliser la création de contenus 

De retour en France, Maïté Defives s’installe à Paris “pour être proche des maisons d’édition car je commençais à être souvent invitée à des rencontres littéraires”, argumente-t-elle. Alors entourée d’une communauté de 20 000 abonnés, elle n’hésite pas à poser des jours de congés pour jongler entre son travail et son activité de créatrice littéraire digitale. Un rythme qui la pousse, en 2019, à démissionner pour se consacrer totalement à sa passion. L’objectif ? Professionnaliser sa création de contenus littéraires pour pouvoir en vivre.


“Quand je me suis lancée, il n’y avait pas vraiment de concurrence et c’était facile de se démarquer."

Première étape : suivre des ateliers d’écriture pour réaliser des chroniques mieux construites. Ensuite ? Développer un business plan et formaliser financièrement les collaborations avec les maisons d’édition. “Ça a parfois été difficile de faire entendre aux éditeurs car, à l’époque, ce n’était pas courant d’être payé pour travailler sur la création de contenu. J’ai donc arrêté de dire oui à tout, avoue Maïté Defives sans détour. Si les éditeurs me proposaient un livre gratuitement sans contrepartie, j’acceptais, mais si une demande de contenu spécifique ou un délai étaient imposés, alors je formalisais la collaboration.” En parallèle, la créatrice digitale commence à étendre le champ de ses activités. “J’ai démarché des festivals, des salons littéraires pour intervenir et promouvoir les événements sous la forme de contenus. Si au départ je ne faisais que des chroniques écrites, je me suis rapidement mise à la vidéo, un format qui a pris beaucoup d’ampleur notamment avec le Covid”, détaille-t-elle.


Un nouveau format de chroniques

Un renouvellement et une diversification des formats indispensables selon la jeune femme. “Quand je me suis lancée, il n’y avait pas vraiment de concurrence et c’était facile de se démarquer. Aujourd’hui, et notamment avec l’émergence de TikTok il y a deux ans, de nombreuses personnes sont arrivées sur le marché avec des grosses communautés. Il faut donc sans cesse faire évoluer son compte, sa façon de communiquer”, explique-t-elle. C’est donc chose faite pour Mademoiselle Lit qui, cette saison, lance un tout nouveau format de chroniques littéraires. “Après quatre ans, j’ai eu une lassitude sur ma façon d’écrire et j’ai tout bousculé pour être plus directe, plus rapide à lire”, indique-t-elle. Résultat : un pitch de quelques lignes, le résumé du livre, ce qu’elle a aimé ou pas en quelques points. “Chaque chronique doit être personnelle, selon l’univers et la façon de faire de la personne”, insiste Maïté Defives. “Pour ma part, étant sur plusieurs canaux en même temps, j’ai dû faire des choix. Je souhaite me développer sur TikTok, sur lequel j’ai 7 000 abonnés, ce qui prend du temps. J’ai donc choisi de réduire les chroniques sur mon blog en conséquence”, développe-t-elle. Le mot d’ordre : l’adaptation, pour coller aux attentes de ses différentes communautés, qui souhaitent de formats plus longs et construits sur Facebook ou le blog, et courts, visuels et moins détaillés sur TikTok.


L'enjeu de la fidélisation

Mais après avoir fait grandir sa communauté, encore faut-il la fidéliser. “Sur Instagram par exemple, je réponds à tous les commentaires et messages privés, une habitude que je sais très appréciée. Ensuite, je mets en place des formats auxquels mes abonnés peuvent s’identifier. L’important est de fixer des rendez-vous quotidiens ou hebdomadaires qu’ils attendent”, illustre-t-elle. Parmi ses derniers formats à succès : une interview face caméra, filmée par son conjoint. “Mes abonnés l’ont appelé Monsieur Lit et, même s’il ne se montre jamais, les gens apprécient notre duo et le réclament”, s’amuse Maïté Defives.


“J’ai la chance de pouvoir choisir mes lectures et même quand on me propose une collaboration rémunérée, j’ai le luxe de pouvoir dire non. "

Si cette dernière se montre aujourd’hui régulièrement sur ses publications, le cap a été long à franchir. “Après six mois d’activité sur le compte, personne ne connaissait ma tête”, avoue-t-elle. C’est une discussion avec un agent littéraire qui la bouscule. “A l’époque, j’avais 50 000 abonnés. Il m’a dit que si je voulais durer, je devais me montrer car ma communauté voulait me connaître. Elle me donnait beaucoup, je devais lui donner en retour. Alors je me suis lancée.” La formule a fonctionné, puisque Maïté Defives cumule 113 000 abonnés sur ses différents réseaux sociaux, dont 100 000 rien que sur Instagram.


Choisir ses collaborations

Des chiffres qui lui permettent d’être plus exigeante dans ses collaborations littéraires aujourd'hui. “J’ai la chance de pouvoir choisir mes lectures et, même quand on me propose une collaboration rémunérée, j’ai le luxe de pouvoir dire non. Je suis très sollicitée et je reçois plusieurs propositions par jour. Quand le genre ne me correspond pas, je décline. Pour autant, je ne fais pas de différence entre ma lecture personnelle et les collaborations. Sur une dizaine de livres lus chaque mois, un ou deux le sont grâce à des éditeurs”, explique Maïté Defives. Si les chroniques ont toujours une place importante dans son activité, la créatrice de contenus ne ferme jamais la porte à de nouvelles expériences. Après le lancement d’un club de lecture il y a cinq ans, la création d’un cahier de vacances littéraire avec les éditions Marabout, elle s’est lancée le défi d’écrire un livre, “un sacré challenge d’écriture de plus d’un mois et demi”, concède-t-elle. Intitulé 100 livres qui changent la vie et publié le 23 octobre aux éditions Jouvence, il s’agit de l’anthologie des 100 livres qui l’ont marquée. “Je présente le livre qui m’a donné envie d’aller au musée, celui qui m’a fait pleurer, celui qui vous glisse dans la peau d’un chat … En Espagne, j’avais beaucoup de mal à trouver l’inspiration pour acheter les livres, celui-ci est donc un peu comme le guide que j’aurais aimé avoir.” Avec, en introduction, une mention spéciale au livre qui a changé sa vie : Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran.



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