Sarah Abassi : un premier roman porté par la musique
- margotliterarymedi
- 30 oct. 2024
- 5 min de lecture
À 24 ans et tout juste diplômée en ostéopathie, Sarah Abassi est primo-romancière. Elle a publié La Tisseuse de Mélodies aux éditions Hachette Romans, le 4 septembre dernier. Dans cet entretien, elle nous raconte son parcours en tant que primo-autrice et nous livre ses réflexions sur l'importance de la musique dans sa vie et dans son processus créatif.

Ton résumé de La Tisseuse de Mélodies ?
Il s’agit d’une fantasy en deux tomes qui se déroule dans un univers où la musique est magique. Shona est une Tisseuse, une servante du dieu Sol. Cloîtrée dans l’Atrium, lieu saint, depuis l’enfance, elle tisse les Mélodies du Destin : l’avenir de chaque habitant du royaume. La jeune femme va un jour voir son existence basculer quand elle découvre son propre destin, dans lequel elle est à l’origine de la chute de son royaume. Elle doit alors fuir pour démêler les notes de sa destinée avant que celle-ci ne s’accomplisse.
Qu’est-ce qui t’a inspiré à créer le royaume de Solvara, où évolue l’héroïne ?
J’ai eu l’idée d’écrire un roman mêlant musique et fantasy un jour où je jouais du piano. Les bases de l’univers se sont rapidement mises en place dans ma tête : j’ai imaginé un monde où les instruments sont vivants et dans lequel une partition jouée permet de lancer un sortilège. Le plus compliqué a ensuite été de trouver l’intrigue autour du destin de Shona, qui est arrivée après plusieurs versions. J’ai opté pour la thématique du destin après une période de deuil. C’est une question que je me suis posée à moi-même et qui résonne dans le personnage de Shona.
On comprend que ton premier roman se rapporte beaucoup à ton histoire personnelle.
Je ne suis pas capable d’écrire des romans qui ne résonnent pas en moi. La musique étant une passion très importante, j’avais évidemment envie d’écrire en utilisant cette dimension. Je joue du piano depuis mes 7-8 ans, je fais partie d’une famille de musiciens et j’ai un cursus musical en école de musique. C’était naturel pour moi d’utiliser ces connaissances et d’aller chercher des informations sur des instruments que je ne pratique pas. Par exemple, Shona joue de la flûte traversière, qu’on suit tout au long du roman, et j’ai demandé à une amie de m’aiguiller sur les aspects techniques de l’instrument. Au-delà de la musique, les questionnements de personnages sont liés à des thématiques qui me tiennent à cœur, comme le féminisme ou le patriarcat.
Ce qui fait sens pour moi, c’est d’écrire un roman qu’on aime et dont on est fier.
Faut-il obligatoirement être musicien pour s’approprier La Tisseuse de Mélodies ?
C’est un univers qui parlera forcément aux musiciens mais il n’est pas nécessaire d’avoir une éducation musicale pour comprendre ce qu’il se passe dans le roman. Pour l’anecdote, il y a un personnage secondaire qui rêve de pouvoir apprendre la musique dans le livre. Il est donc destiné à un public qui s’y connaît ou pas, et il est très accessible.
La musique a-t-elle été source d’inspiration dans ton processus d’écriture ?
J’écris beaucoup en musique. Souvent, j’ai la structure et un résumé par chapitre mais je n’ai pas le détail des scènes. Cela vient au fur et à mesure de l’écriture et, en fonction de la musique que je mets - majoritairement instrumentale -, ma perception de la scène change. Par exemple, si j’écoute une musique nostalgique, je vais cadrer le personnage sur cette émotion. Il faut donc bien faire attention au choix de la mélodie selon le rendu espéré. Au-delà de la musique, j’ai tendance à aimer laisser l’inspiration venir à moi dans mon processus créatif. Quand je réfléchis, ça me bloque, donc j’utilise mes environnements pour me stimuler, mais aussi les films, les séries ou encore Pinterest, que je recommande à ceux qui ont une créativité visuelle.
Ton conseil à un primo-romancier dont l’objectif est d’être publié ?
Ce qui fait sens pour moi, c’est d’écrire un roman qu’on aime et dont on est fier. Le chemin vers la publication est long, semé d’embûches, parfois frustrant et compliqué émotionnellement. Un texte dans lequel on croit profondément permet d’aller au bout. Entre ma toute première idée et la publication de mon roman, il y a eu quatre ans. Je n’ai jamais lâché, notamment car c’est en cette idée que je croyais.
Mon expérience est particulière car j’ai signé mon roman avant que celui-ci soit terminé.
Ta persévérance s’est révélée payante puisque tu as été publiée chez Hachette Romans, la maison d’édition de tes rêves. Raconte-nous.
Après avoir participé deux fois au concours Rageot sans gagner, j’étais un peu désespérée mais je sentais que c’était cette histoire. Je suis donc allée au salon de Montreuil pour présenter mon projet et j’ai pu pitcher mon manuscrit à Hachette Romans. L’éditrice a immédiatement aimé l’histoire. Je lui ai envoyé les dix premiers chapitres réécrits environ un mois et demi plus tard. Mon expérience est particulière car j’ai signé mon roman avant que celui-ci soit terminé. J’ai ensuite écrit le premier jet main dans la main avec mon éditrice, en lui envoyant les chapitres par paquets de 5. Lorsque le premier jet a été livré, la structure était assez clean, les corrections éditoriales ont été le gros du travail. Mon document était annoté dans tous les sens. À partir du moment où j’ai reçu les premières corrections jusqu’à l’impression, il s’est bien écoulé quatre mois. J’étais étudiante à ce moment-là, je ne vivais pas tellement la charge de travail était importante. Mais les réécritures du premier tome m’ont permis d’entrevoir des possibilités de suite et de construire le tome 2. J’ai présenté le synopsis en mai 2024, il a été validé avec le chapitrage et je me suis lancée dans l’écriture. L’objectif est qu’il soit publié au printemps 2025.
Tu as également eu une proposition des éditions Milan pour ton projet.
Ce qui a fait la différence, au-delà du fait que j’ai toujours rêvé d’être publiée chez Hachette Romans, c’est que j’avais des amies autrices chez cet éditeur. C’est un point de repère car je savais comment ça se passait en interne. Je n’avais pas cette visibilité avec Milan et c’était important pour moi d’avoir des gens sur qui me reposer. Faire un choix entre les maisons d'édition a été compliqué : en tant que primo-romancier, on a presque honte de dire non car on a l’impression qu’on nous fait une fleur quand on considère notre roman.
Comment arrives-tu à mettre en valeur et faire connaître ton roman ?
Je fais beaucoup de promo pour le représenter le mieux possible. L’objectif est de toucher le bon public et d’être un ambassadeur de son histoire, notamment sur les réseaux sociaux. En ce moment, la romantasy est très en vogue donc j’essaye de partager sur TikTok des extraits de romance car je sais que ça peut attirer les gens.
Sur Instagram, tu indiques quelques thématiques que tu aimerais exploiter dans tes prochains romans, comme le rapport au corps, l'anxiété, le deuil ou la peur de la mort. As-tu déjà de nouveaux projets en tête ?
Le but est de rester concentrée sur le second tome de La Tisseuse de Mélodies sans me laisser influencer par les retours sur le tome 1, même si ce n’est pas facile. Je mets un point final à une histoire qui est presque finie dans ma tête, je sais où je vais mais c’est un peu stressant quand on a l’impression d’écrire le roman de sa vie. Ces thématiques, je souhaite les aborder dans un roman fantasy. Ce n’est toutefois pas sûr à 100% que je vais me lancer sur celui-là, je dois encore me laisser le temps de réfléchir après le tome 2 de La Tisseuse de Mélodies mais disons que c’est mon idée la pluie aboutie pour le moment.


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