Le Labo des Histoires, fabrique littéraire engagée
- margotliterarymedi
- 15 oct. 2024
- 3 min de lecture
En tant qu'association d'intérêt général, le Labo des Histoires a une double mission artistique et créative : démocratiser la pratique de l'écriture chez les jeunes et en faire un moyen d'insertion culturelle et sociale. Explications de Margaux Nemmouchi, directrice de l'action culturelle.

Parle-nous du Labo des Histoires.
Il s’agit d’une association créée en 2011 qui vise à promouvoir l’écriture créative auprès des jeunes de 6 à 25 ans. Pour cela, nous organisons des ateliers, dans l’Hexagone et en Outre-Mer, qui mettent en relation ce public avec des professionnels de l’écriture - tous rémunérés - qui utilisent l’écriture dans leur processus créatif. Cela peut être des paroliers, des conteurs, des scénaristes, des journalistes, des écrivains, etc… Une variété de professions qui permet d’embrasser l’écriture sous toutes ses formes, de sortir l’écriture scolaire et de la vision romantique de l’auteur solitaire et névrosé. L’objectif de l’association est donc de faire découvrir ces registres littéraires artistiques, créatifs, et d’amener les jeunes à être à l’aise avec l’expression.
Quelle est la nature des ateliers proposés ?
Nous organisons 3 000 ateliers chaque année, gratuits pour les bénéficiaires. Les projets peuvent durer entre un et trois mois, pour une moyenne de 6 ateliers par groupe environ, l’objectif étant que le suivi soit suffisamment long pour permettre aux jeunes de créer. Nos antennes régionales, qui maillent le territoire, élaborent des projets d’écriture de concert avec des structures locales. Nous allons directement à la rencontre des jeunes, ce qui nous permet de couvrir quatre champs : éducatif, dans les écoles, collèges et lycées ; culturel, dans les musées, cinémas et théâtres ; médico-social, dans les hôpitaux, missions locales, écoles de la deuxième chance, maisons d’arrêt ou encore foyers d’accueil ; et éducation populaire, avec les colonies de vacances et les centres aérés par exemple. Nous touchons les jeunes dans toute leur diversité, dans les zones urbaines et rurales, avec un fil conducteur : mener nos actions auprès des jeunes passionnés comme des publics éloignés des pratiques d’écriture et des lieux culturels.
Nous nous appuyons sur les ateliers d’écriture pour permettre à ceux qui ne participent pas ou très peu au débat public de s’exprimer.
Mais le Labo des Histoires organise aussi des ateliers d'écriture nationaux.
En effet, et la démarche reste la même : laisser entendre la voix des jeunes tout en leur donnant envie d’écrire. Lors de ces projets de grande ampleur, nous abordons des thématiques de société et nous nous appuyons sur les ateliers d’écriture pour permettre à ceux qui ne participent pas ou très peu au débat public de s’exprimer sur des questions sociétales grâce à l’art et la créativité.
Cette année, le thème est Écrire l'avenir des océans. Pourquoi ce choix ?
Cela fait écho à la Conférence des Nations unies sur le sujet, qui aura lieu en juin 2025 à Nice. Notre pari cette année est d’utiliser la fiction pour surpasser les obstacles liés à l’éco-anxiété. Nous allons demander à 200 jeunes à travers la France, de 15 à 25 ans, de réfléchir à des solutions pour préserver les océans à l’horizon 2050. À travers les ateliers d’écriture, ils seront encouragés à imaginer des solutions novatrices pour protéger les océans et se projeter dans un futur où ces derniers seraient durablement préservés.
Quel est ton rôle en tant que directrice de l’action culturelle de l’association ?
Je prépare le projet depuis un an. Une grosse partie du travail a notamment été de mobiliser des partenaires experts et scientifiques sur tout le territoire pour sensibiliser les jeunes, tels que Tara Océan, Nausicaa, l’IRD, Bloom mais surtout Sea Shepherd France. Lamya Essemlali, sa présidente, est d’ailleurs marraine et présidente du jury pour cette édition. La période d’écriture a déjà commencé et, en janvier 2025, une trentaine de textes seront adaptés en vidéo d’animation par des étudiants en motion design de GOBELINS Paris. C’est la première fois qu’un projet de cette ampleur est adapté en images et l’objectif qui m’est cher est de pouvoir diffuser les capsules vidéo sur un média national pendant la Conférence des Nations unies. Ce sera notre contribution au débat.
Le Labo des Histoires propose également des formations à destination des professionnels sociaux-éducatifs et culturels qui souhaitent monter des projets d’écriture. Pour en savoir plus, c’est par ici !

Commentaires